Etre Frère aujourd'hui

Consacré en intimité avec le Christ

Les trois vœux de la vie religieuse

“Aimons-nous en Dieu et pour Dieu. Qu’il soit le centre unique dans lequel nous nous retrouvions à tous les instants ! Oh que le reste est fragile et vain”. JM de la Mennais

Pauvreté
“Quitte ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi une grande nation… Abraham partit comme le Seigneur le lui avait dit.” Gn 12,1-2, 4

Pèlerin sur cette terre, le Frère veut vivre dans une grande liberté intérieure à l’égard des biens temporels, une disponibilité joyeuse et un esprit de partage. La pauvreté religieuse implique d’abord cette disposition intérieure, elle n’est pas seulement une question économie et sociale.  Règle de vie D. 43

Chasteté
“Parce que tu comptes beaucoup à mes yeux, que tu as du prix et que moi je t’aime” Is 43, 4

Résolument positive, la chasteté consacrée témoigne de l’amour préférentiel pour le Seigneur. Elle transforme l’être humain en ses profondeurs, et le pénètre d’une mystérieuse ressemblance avec le Christ. Règle de vie D. 36

Obéissance
“Parle Seigneur, ton serviteur écoute”  1 Sam 3, 10

L’obéissance engage toute la vie du religieux. Responsable et active, elle invite à prendre des initiatives. Le Frère trouve dans les tâches qui lui sont confiées un vaste champ où mettre en œuvre les ressources de son intelligence et de sa volonté, ses talents naturels et les dons de la grâce

 

Voici maintenant 20 ans que j’ai pris la route de la vie religieuse. Le chemin qui m’a mené à cet engagement a commencé très tôt (dès l’âge de 10 ans, je me posais la question !). Il fut sinueux, avec de fortes convictions mais aussi de grandes incertitudes. Même si mon engagement de Frère Mennaisien m’amène à fréquenter des enfants et des jeunes, je crois profondément qu’être Frère n’est pas une fonction, mais un témoignage.
Etre Frère, pour moi aujourd’hui, c’est oser le “pari” de la Foi. Vivre sa vie comme un don gratuit à l’image du don de la vie que Dieu nous fait.
C’est dans la prière, l’Eucharistie, la vie communautaire que je peux trouver la source de mon engagement. C’est là qu’il m’est nécessaire de m’abreuver régulièrement pour vivre en cohérence avec ce témoignage.”Fr Alain (France)

En fraternité, petite cellule évangélique

Qu’un fraternel amour règne entre tous les membres de la même communauté. Que chacun soit heureux de la joie des autres, souffre de leurs peines, et que tous se prêtent pour aller à Dieu et pour accomplir son œuvre, un mutuel appui, évitant les tensions, les rivalités, les secrètes jalousies, les paroles railleuses, tout ce qui blesse, tout de qui sépare et altère la charité.  Règle de vie de 1835

Chaque fraternité travaille à devenir une communauté évangélique, témoignant de la présence déjà effective du Royaume, où la charité détruit les barrières, réconcilie les hommes, fils d’un même Père et frères de Jésus-Christ qui les rassemble en un seul corps. Règle de vie C.35

Dans la simplicité et dans la joie, les frères acceptent de partager ce qu’ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils ont. Sans s’être choisis, ils cherchent à se connaître et à s’aimer avec toute l’affection du cœur du Christ. C’est dans l’abnégation et le don généreux d’eux-mêmes que, jour après jour, ils édifient la communauté.  Règle de vie C.51

Après avoir fait, pendant plusieurs années, l’expérience de la vie communautaire, voici quelques traits que je voudrais souligner. Pour moi, elle se présente comme “une valise pleine de fleurs”. Elle peut les rassembler même si elles ne sont pas de la même couleur. Je suis de ”la Grande Famille Mennaisienne”. Vivre l’internationalité est une richesse pour se maintenir ouvert aux dimensions du monde et aux valeurs évangéliques. Dans ces diversités culturelles, j’ai découvert une nouvelle facette du visage du Christ, à travers les frères que le Seigneur a su placer sur mon chemin. Même si aujourd’hui, nous sommes dispersés à cause de nos différentes missions, les liens restent très forts entre nous.”
Fr Gérard (Afrique)

Au service de l’éducation des jeunes

Entre l’état religieux du frère et sa mission éducative, il y a une unité foncière et réciprocité d’influence : sa consécration religieuse s’exprime dans son engagement apostolique et spécifie celui-ci ; son engagement apostolique nourrit et marque sa vie religieuse. Cette interaction joue dans tous les domaines de son existence. Règle de vie C.107

La Congrégation choisit l’école comme moyen privilégié d’éducation. Aujourd’hui encore, comme au temps des fondateurs, l’école rend un service essentiel à l’homme et à la cité par la formation de personnes libres et responsables. L’école chrétienne fait davantage : elle lie, dans le même temps et le même acte, l’acquisition du savoir, la formation à la liberté et l’éducation de la foi. Pour accomplir cette œuvre insigne, les frères se consacrent à l’enseignement, à la catéchèse, à la pastorale scolaire et aux autres activités suggérées par les besoins du milieu. Règle de vie C.106

La vie religieuse du frère, apostolique par sa nature même, témoigne de l’absolu de Dieu et de la réussite de l’homme en Jésus resssuscité. Règle de vie C.110

Ayant centré sa vie sur le Royaume de Dieu – déjà présent dans notre histoire – et cependant attaché à l’édification de la cité terrestre, le frère met l’accent, dans l’éducation, sur le dépassement des valeurs humaines.

Il cherche à rendre son témoignage perceptible aux hommes de bonne volonté, aux cœurs simples et ouverts. Il y parvient surtout par la qualité de ses relations humaines et la joie qu’il rayonne au service de Dieu et des hommes. Règle de vie C.109

Y a-t-il un moment où tu t’es senti plus frère ?
– “Je me suis toujours senti pleinement frère. Mais c’est surtout dans le rôle de directeur et d’animateur en pastorale. En tant que directeur, dans les rencontres avec les parents, dans les décisions à prendre… Dans ma mission d’animateur en pastorale, j’ai essayé de rendre audible et perceptible aux jeunes, le sens du mot “frère” et même de “grand frère”, qui est là pour écouter, réconforter, encourager, accompagner.”
Qu’est-ce qui permet de tenir ?
“Les difficultés, je les ai plus ressenties en passant de l’accompagnement des jeunes vivant dans un milieu équilibrant et structurant à celui des jeunes vivant dans des situations plus difficiles. Ce qui me permet de tenir : la communauté, lieu de partage et de prière ; les temps de ressourcement spirituel (en abbaye, par exemple). Finalement, de me dire simplement que j’’essaie de faire de mon mieux.”
Qu’est-ce qu’évoque “l’unité de vie” pour toi ?
“Je pense que c’est ce qui me permet d’être heureux et paisible, dans toutes les situations, en faisant la clarté dans mes choix d’action et de prière et pouvoir passer sereinement de l’une à l’autre en me disant que “je quitte Dieu pour Dieu” (j’y tends). Cette unité se réalise dans les temps de prière personnelle qui me permet de relire et d’offrir mes rencontres de la journée”
Fr André (France)

La Congrégation des Frères de l’Instruction Chrétienne ou “Frères de Ploërmel”

A l’origine

Deux hommes, deux prêtres, Jean-Marie de la Mennais & Gabriel Deshayes
– une passion et une conviction : “tout sort de l’éducation”
– fondent une Congrégation de Frères pour l’enseignement

“Nous avons à former l’homme pour lui-même, pour son propre bonheur, pour sa famille, pour la société, pour la terre et pour l’éternité”
“L’instruction n’est qu’une moitié de votre tâche, l’éducation est la principale.”
“Dans nos écoles, on forme l’homme tout entier, son cœur aussi bien que son esprit.”
“On ne parle avec conviction que de ce que l’on croit, avec amour que de ce que l’on aime, avec chaleur et zèle que de ce qu’on sent bien, et qu’on espère.”

Le nom de la Congrégation : Frères de l’Instruction chrétienne

La devise des Frères: “Dieu seul”

Une histoire de 200 ans

  • 1819 Fondation de la Congrégation
  • 1824 Installation à Ploërmel
  • 1837 1ère vague missionnaire : Guadeloupe, Martinique, Sénégal…puis : Tahiti, Haïti, Canada
  • 1860 Décès de JM de La Mennais
  • 1903 Expulsion des Frères de leurs écoles –  Rupture et recommencements
  • 1905 2ème vague missionnaire : Canada, Etats-Unis, Espagne
  • 1965 3ème vague missionnaire : Afrique, Asie
  • 2000 Développement de la Famille Mennaisienne

Aujourd’hui

  • 800 Frères
    Présents sur les 5 continents dans 26 pays

La Province Saint Jean-Baptiste : France & Angleterre

Frères: 160 Frères, dans 23 communautés
Famille Mennaisienne
Mission éducative, avec les laïcs
Dans 73 établissements scolaires
Dans différentes œuvres socio-éducatives

Devenir Frère

Les étapes pour devenir frères

  • Regardant
    Celui qui souhaite s’interroger sur sa vocation et mieux connaître les Frères, avant d’aller plus loin vers un choix de vie, prend contact avec un Frère.
    En tenant compte de son travail ou de ses études, il lui sera proposé de vivre avec une communauté. Un Frère sera chargé de l’accompagner durant le temps de cette expérience.
    A l’issue de ce temps dont la durée varie selon la situation personnelle et professionnelle du candidat, son âge et l’avis de la communauté d’accueil, le candidat chez qui la vocation de Frère paraît se confirmer, fait sa demande d’entrer au Postulat.
  • Postulat
    Le Postulat dure de six mois à un an. Il permet au candidat de faire l’expérience de la vie communautaire et de la mission des Frères.
    Le jeune vit entièrement au sein d’une communauté et en partage la mission. Cette année peut se vivre dans une communauté missionnaire (en Afrique de l’Ouest par exemple).
  • Noviciat
    Accompagné par un Frère qui a particulièrement reçu du Supérieur général la mission de « Maître des novices », le candidat prend un chemin d’approfondissement de sa vie de baptisé tout en se préparant à la décision d’un engagement effectif dans l’Institut des Frères, par la profession religieuse.
    Au noviciat, il lui est proposé de :

    • Vivre dans un espace de silence, accompagné par le Frère responsable.
    • Mieux se connaître soi-même
    • Faire l’expérience de Dieu et de la suite du Christ, à la manière des fondateurs de l’Institut, Jean-Marie de la Mennais et Gabriel Deshayes, et des premiers Frères.
    • Approfondir la vocation de Frère dans l’apprentissage de la vie communautaire et de la mission éducative auprès des jeunes.
    • Vivre au quotidien selon la Règle de Vie des Frères, dans le souffle de l’Esprit-Saint.
    • Enfin, choisir le Christ et sa mission, et demander, ou non, d’entrer dans l’Institut des Frères de Ploërmel.

 

1ères années de vie religieuse

Pendant les premières années de vie religieuse (vœux temporaires) il est proposé aux jeunes religieux :
Un parcours d’études théologiques et professionnelles (ouvrant à une profession dans l’éducation et/ou l’enseignement), dans un premier temps.
Une insertion dans une communauté de Frères engagée dans une œuvre éducative, dans un second temps.

 

Profession perpétuelle

A l’issue d’un temps pouvant varier de cinq à neuf ans d’engagement temporaire, le Frère s’engage définitivement dans l’Institut par la Profession perpétuelle.
Pour s’y préparer, il lui est proposé un parcours de formation spécifique pouvant être en lien avec d’autres Frères de vœux temporaires.

A comme APPEL

A comme APPEL

Dans un premier sens, la Bible nous montre que le Seigneur se montre attentif à l’appel de son peuple opprimé. Mais attention de ne pas tomber dans l’illusion : « Qui se bouche l’oreille au cri du faible, appellera lui aussi sans obtenir de réponse. »( Pr 21, 13). Dieu écoute notre appel et l’exauce dans la mesure où nous-mêmes entendons le sien à travers le pauvre ! Car, Lui « écoute l’appel de l’opprimé. » (Sir 35, 13). En un second sens, Dieu, lui-même, appelle. Il est entendu de l’oreille du « juste » qui a un cœur qui écoute ! Il est dit dans l’Evangile que Jésus appelait « à lui ceux qu’il voulait » (Mc 3, 13) Non pas qu’il oublie les autres. Il s’agit plutôt de souligner que c’est lui qui nous choisit le premier, et non pas nous qui le choisissons. Tous, par le baptême, nous sommes appelés par Dieu. Son appel est adressé à chacun d’une manière unique. Ecoutons l’apôtre Paul : « Je vous exhorte donc dans le Seigneur, moi qui suis prisonnier : accordez votre vie à l’appel que vous avez reçu… » (Eph 4, 1).

A comme AMOUR

« Sans amour, je ne suis qu’une cymbale… » disait St Paul. C’est l’amour qui est au cœur de tout appel de Dieu comme de toute vie humaine. Dès sa première Règle, en 1823, le fondateur des Frères, Jean-Marie de la Mennais, écrivait : « L’esprit de la Congrégation est un esprit de paix et de charité »

A comme APOTRES

Dans l’Évangile, le mot « apôtre » veut dire « envoyé ». Les Frères sont « envoyés » comme les Apôtres, pour être témoins de l’Evangile, spécialement auprès de jeunes. La Règle de Vie des Frères le dit ainsi : « L'école constitue le milieu privilégié, mais non exclusif de leur activité apostolique. Fidèles aux volontés des Fondateurs, les Frères visent avant tout, dans leur action éducative, à faire connaître Jésus Christ et son Évangile. » (R.V./C. 2)

B comme BONHEUR

« J’ai choisi cette vocation, parce que je sentais que c’est là que je serais heureux » dit un Frère. Plus que jamais, les hommes et les femmes de ce monde cherchent le chemin du bonheur… Ces chemins ne sont pas évidents. Les moyens que l’on prend sont parfois décevants … Le chrétien, et donc le Religieux, choisit de « suivre » le Christ Jésus ; il sait qu’il ne sera pas déçu par Celui qui est « le CHEMIN, la VÉRITÉ et la VIE ! »

C comme CHARISME

Prenons quelques courts extraits du livre "spiritualité mennaisienne" pour nous approcher de ce que signifie ce mot : « Si nous considérons les charismes, dons de l’Esprit à son Eglise, nous pouvons y trouver une analogie avec l’incarnation du Christ. De même que l’incarnation du Verbe dans le sein de Marie est une œuvre de l’Esprit, le charisme peut être considéré comme une parole de Jésus qui, par l’action de l’Esprit, s’incarne dans un corps et se donne dans l’Eglise, comme réponse de Dieu aux problèmes de l’humanité. » Dans ce sens, on peut dire que la Congrégation est ce corps qui reçoit le don de l’Esprit fait à Jean-Marie de la Mennais, et qui pousse les Frères et les Laïcs mennaisiens à être l’image et la présence de Jésus qui enseigne, qui éduque et qui guérit les enfants et les jeunes. C’est cela leur charisme.

C comme CHASTETE

Dans la Règle de vie des Frères : « Pour appartenir plus facilement à Dieu d'un cœur sans partage, et suivre de plus près le Christ, les Frères choisissent la chasteté parfaite dans le célibat pour le Royaume des Cieux » (R.V./C.11) Pourquoi ce choix ? Pas par peur ni par rejet du mariage ! Pas d’abord pour être plus disponible ! Mais c’est « à cause de Jésus » * parce que Jésus a fait ce choix pour donner sa vie pour nous, * et parce qu'il sent au fond de son cœur que Jésus l’y appelle …

C comme CHRIST

Jésus, le Christ, est au cœur de la démarche du Frère, comme de celle de tout chrétien depuis son Baptême. « Suivre le Christ » n’est pas réservé à certains ! … La Règle de Vie des Frères dit : « Une certitude l'habite qui oriente toute son existence : pour lui, convient une vie plus évangélique, une liberté plus grande de suivre Jésus et d'imiter la vie fraternelle, chaste, obéissante et pauvre du divin Maître au milieu de ses disciples. » (R.V./D. 20)

C comme COMMUNAUTE

La communauté est la famille du Frère, à la fois pour vivre le quotidien, mais aussi pour porter ensemble la mission. « L'esprit fraternel assure au mieux la promotion et l'épanouissement des personnes qui, pour construire la communauté et favoriser la mission, s'acceptent différentes et se veulent complémentaires. Comme dans une famille unie, les Frères veillent à la qualité de leurs relations mutuelles. Ouverts aux plus jeunes et disposés à les aider, ils témoignent aussi un intérêt particulier aux confrères âgés, malades ou éprouvés.» (R.V./ D.66)

C comme CONGREGATION ou INSTITUT

La Règle de vie des Frères : « La Congrégation des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel est une Congrégation laïcale, de droit pontifical, fondée par Jean Marie de La Mennais et Gabriel Deshayes. Elle rassemble des hommes qui, en réponse à un appel particulier de l'Esprit-Saint, se vouent totalement à Dieu par la profession publique des vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, dans une vie de communion fraternelle et d'apostolat au service du peuple de Dieu, spécialement de la jeunesse, avec une prédilection pour les pauvres, par l'instruction et l'éducation chrétiennes.» (R.V./C. 1) L’institut des Frères de l'Instruction Chrétienne (ou Frères Mennaisiens) compte environ 1100 frères et œuvre dans 25 pays.

D comme DECISION

« C’est ton choix » ! ... Personne ne le fera à ta place ! Dans une secte, il est facile d'y entrer, mais difficile d’en sortir … Dans la Vie religieuse, c’est le contraire ! … Pourquoi ? Parce que la valeur suprême, c’est la liberté de chacun ! « Le Frère s’engage en toute liberté à observer la Règle de Vie de la Congrégation » (R.V./C. 8)

E comme ECOLE

" La Congrégation est née dans l'Eglise pour l'éducation humaine et chrétienne des jeunes : c'est son charisme propre. De plus, elle considère l'école comme son champ d'action privilégié. En dehors du cadre scolaire, et compte tenu des aptitudes de certains Frères, elle peut s'ouvrir à d'autres engagements, particulièrement dans le vaste domaine de l'éducation." (R.V./C. 48) Aujourd'hui encore, c'est à ce même appel "à un engagement renouvelé dans le monde de l'éducation" que la Congrégation souhaite répondre : " - là où nous sommes déjà, dans une fidélité créative ; - sur des terrains nouveaux, avec une prédilection pour les pauvres et une attention aux nouvelles cultures ; - avec tous les partenaires éducatifs (écoles, familles, congrégations, structures ecclésiales, Etat)." (Ch. G. 2000)

E comme EGLISE

Que peut-on dire en si peu de mots sur l’Eglise ? Laissons seulement résonner en nous l’émerveillement de Saint Augustin : « Félicitons-nous donc et rendons grâces de ce que nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même. Comprenez-vous, frères, la grâce que Dieu nous a faite en nous donnant le Christ comme Tête ? Soyez dans l’admiration et réjouissez-vous, nous sommes devenus le Christ. En effet, puisqu’il est la Tête et que nous sommes les membres, l’homme tout entier, c’est lui et nous (…). La Plénitude du Christ, c’est la Tête et les membres ; qu’est-ce à dire : la Tête et les membres ? Le Christ et l’Eglise. »

F comme FOI

La Foi est un don de Dieu. Nous la recevons dans un cœur ouvert à l’action de l’Esprit-Saint. La Foi chrétienne, c’est d’affirmer que Jésus est Seigneur, le Fils bien-aimé du Père, Lui qui, mort sur la croix pour nous sauver, est ressuscité le 3ème jour. Le « Symbole des Apôtres », que nous proclamons au cours de l’Eucharistie dominicale, exprime le cœur de notre Foi, en l'Eglise. Quant au Frère, lui qui a fondé toute sa vie sur Dieu, il « demande à l’Esprit-Saint d’ouvrir son cœur à cette Foi qui lui fait voir le monde, les hommes, les événements avec le regard du Christ. Comme s’il voyait l’invisible, il met en Dieu seul toute sa confiance. Il accepte avec sérénité le cheminement mystérieux et souvent déroutant d’une vie de service, animée par une foi agissante. » (RV, D 8)

F comme FONDATEURS

Ils sont deux qui, en 1819, signèrent la charte de naissance des Frères de l’Instruction chrétienne. « Animés du désir de procurer aux enfants du peuple, spécialement à ceux des campagnes de la Bretagne, des maîtres solidement pieux ... » Jean-Marie de La Mennais était prêtre à St Brieuc ; Gabriel Deshayes était curé d’Auray.

G comme GUIDE

En haute montagne, il est indispensable d’avoir un guide avisé pour prendre la voie la plus sûre. Et sur le chemin de la vie, n’en serait-il pas ainsi ? Plus que de guide, nous parlerons davantage de l’accompagnateur. Il s’agit alors d’un « grand frère » ou d’une « grande sœur » dans la foi. « L’accompagnement m’a fait découvrir beaucoup de choses. Il m’a montré comment Dieu par sa Parole agit en moi et dans les autres. Avant j’étais comme le jeune homme riche. J’observais les commandements de Dieu. Je ne voyais pas que quelque chose me manquait. Mais la Parole de Jésus est venue me toucher au cœur… L’accompagnement est un moyen donné aux chrétiens pour suivre le chemin de Dieu et ne pas faire n’importe quoi dans sa vie. » (Témoignage tiré du livre Discerner, coll. Vie chrétienne) Le modèle des accompagnateurs pourrait être Jean-Baptiste. Il dit à ses disciples : « Voici l’Agneau de Dieu », et les laisse partir avec lui. A présent, lui s’efface. Car sa mission, c’est de conduire à Jésus, non pas de prendre sa place.

K comme KERYGME

Le terme (du grec kerigma) a été utilisé pour désigner l’annonce, faite aux incroyants par les premiers chrétiens, du contenu essentiel de leur foi en Jésus-Christ, contenu que l’on peut résumer ainsi : Jésus a été condamné et mis à mort ; Dieu l’a ressuscité ; Nous en sommes témoins ; C’est en lui qui se trouve le salut des hommes : convertissez-vous (on peut lire Ac 2, 22-38). Aujourd’hui le mot kérygme évoque la proclamation missionnaire de l’essentiel de la foi chrétienne que l’on trouve dans le ‘Credo’. En disant le credo, à la messe : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, … », les chrétiens se rappellent à eux-mêmes leur foi, et manifestent au monde la présence de ce Dieu en qui ils croient.

L comme LAICS

Les textes bibliques rédigés en grec désignent par laos, mot qui signifie peuple, soit les juifs autres que les prêtres et les lévites, soit le peuple en général. Plus tard, le mot signifiera l’ensemble du peuple chrétien. Aujourd’hui, il désigne les chrétiens qui ne sont pas prêtres ou évêques. Dans les textes de l’Eglise, on parle souvent des « fidèles laïcs ». Les fidèles laïcs forment le peuple de Dieu, appelé par lui à chanter sa gloire au milieu des nations, à annoncer la Bonne Nouvelle du salut, en premier lieu aux pauvres, à travailler, par l’Esprit, à bâtir le Royaume de Dieu en ce monde. Aujourd’hui, quand nous parlons de « Mission partagée », entre Frères et Laïcs, nous voulons affirmer que tous les baptisés sont appelés et envoyés pour proclamer la Bonne nouvelle du Salut au monde. Le mot laïc, notamment en France, a aujourd’hui un second sens totalement différent : il désigne ce qui échappe à toute influence religieuse. Ce qui a donné les mots de laïcisme, laïcité, etc, …

L comme LIBERTE

C’est dans la pleine liberté que nous pouvons aimer en vérité. Nous ne donnons que ce que, librement, nous décidons de donner. Pour cela, nous avons besoin d’être libérés de nombreux esclavages intérieurs. Jean-Paul II nous y invite : « Soyez des femmes et des hommes libres ! Mais rappelez-vous : la liberté humaine est une liberté marquée par le péché. Elle a besoin d’être libérée. Christ en est le libérateur, Lui qui "nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres ! " (Ga 5, 1). Défendez votre liberté. » à Lourdes, le 15 août 2004.

M comme MARIE

« Voici la Servante du Seigneur, dit-elle ; qu’il m’advienne selon ta parole. » (Luc 1, 38) « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire… » (Jean 1, 14) Dans le sein de Marie, par la grâce de l’Esprit-Saint, le Fils du Père se fait homme. « Le printemps éternel commence aujourd’hui » (Dominique Ponnau revue ‘Prier’ n° 257) « Quand il m’arrive de douter de moi, de Toi peut-être aussi, mets sur ma route, Seigneur, des anges qui me rappelleront la salutation de Gabriel à Marie. Seigneur donne-moi d’écouter Ta Parole. Comme Marie ! » (Sœur Brigitte Rigo, ‘Prier’ n° 265) Prier Marie, c’est nous disposer, avec elle, à nous laisser atteindre par Dieu pour qu’il vienne faire en nous sa demeure. C’est tout le sens de notre Foi chrétienne.

M comme MENNAISIEN

Le qualificatif "Mennaisien" vient du nom du principal fondateur des Frères : le père Jean-Marie de la Mennais. Il désigne donc les Frères et les Laïcs qui sont engagés ensemble dans la mission éducative auprès des jeunes. Il permet de déterminer ce qui fait l’essentiel du "charisme" reçu par le fondateur, charisme qu’il a transmis aux Frères, et que ceux-ci sont chargés de mettre en œuvre, avec les Laïcs, dans la fidélité et la créativité. Le terme "Mennaisien" qualifie par conséquent la mission, c’est-à-dire la forme d’éducation que donnent les Frères et les Laïcs Mennaisiens, et la spiritualité par laquelle cette mission est vécue comme reçu de Dieu lui-même.

N comme NOVICIAT

Le noviciat est donc un temps de formation, de rupture, de conversion et d’approfondissement de la vocation de Frère. Il dure traditionnellement au moins 12 mois ; mais, s’il dure 16 ou 24 mois, c’est pour laisser la place à des stages d’insertion communautaire et pour des activités apostoliques. La Règle de vie des Frères précise les grands objectifs du noviciat. « Le novice doit entrer plus avant dans la connaissance et l'intimité du Christ, approfondir les valeurs de sa vocation mennaisienne et en mesurer les exigences. » (R.V./C. 67) Comment ? « En vue d'un plus grand amour de Dieu, il s'entraîne à la pratique des conseils évangéliques, s'efforçant d'intégrer dans l'unité de sa personne les dimensions contemplative et active de la vie religieuse apostolique. Il s'attache à bien connaître l'Institut, son histoire et ses œuvres, la vie et les mérites de ses Fondateurs. Au sein d'une communauté fraternelle, et sous la direction du Maître des novices, il se prépare dans la réflexion et la prière à prendre une décision personnelle motivée et libre. » (R.V./C. 67)

O comme OBEISSANCE

Pourquoi ce choix ? Ici encore plus, c’est « à cause de Jésus ! » Comme son Maître, par son obéissance active, le Frère s'offre lui même à Dieu, ,et en assume librement les implications pratiques jour après jour. Dans la Règle de Vie : « Le Frère communie dans sa propre vie, au mystère d'obéissance du Christ. Soumis aux Écritures et à la Loi, à la volonté de ses parents ou de ses chefs religieux et temporels, Jésus a discerné les desseins de son Père sur lui et les a faits siens. Par là, il a été " rendu parfait pour l'éternité ". » (R.V./D. 55)

P comme PAUVRETE

Le vœu de pauvreté est le vœu le plus mal nommé et qui prend les formes les plus diverses selon les Instituts. Pourquoi ? Parce que les conditions de vie et les missions sont diverses. L’objectif du vœu de pauvreté est d’abord d’avoir un cœur libre et « léger » pour être disponible, à l'image du Christ. Dans la Règle de vie des Frères : « Pèlerin sur cette terre, le Frère vit dans une grande liberté intérieure à l'égard des biens temporels, une disponibilité joyeuse et un esprit de partage. La pauvreté religieuse implique d'abord cette disposition intérieure; elle n'est pas seulement une question économique et sociale.» (R.V./D. 43)

P comme POSTULAT

Dans la Règle de vie des Frères : « Le postulat assure une préparation plus directe au noviciat par l'approfondissement de la vie chrétienne et un meilleur discernement de l'appel de Dieu ». (R.V./C. 61) Le postulant participe à la vie d’une communauté pendant au moins un an. Durant ce temps, il fait des études ou bien il exerce une activité professionnelle rémunérée en lien avec la mission de l’Institut. Il lui est demandé de s’investir également dans une activité apostolique (catéchèse, animation de groupe …) Ces différentes activités sont évaluées avec un "Frère accompagnateur " de la communauté afin de vérifier l’authenticité de sa vocation. Des temps de formation et des rencontres trimestrielles lui sont proposés. Avant la demande d’entrée au noviciat, il lui est demandé de faire une retraite de discernement.

P comme PRIERE

Dans la Règle de vie des Frères : « La prière du Frère rejoint celle du Peuple de Dieu qui intercède pour le salut du monde et porte les espérances, les joies et les angoisses des hommes. Elle lui assure force et discernement pour " être, en toute circonstance et au cœur même de la communauté humaine, le témoin du Christ ". Elle récapitule tout son effort de religieux travaillant à l'éducation de la jeunesse, avenir et espoir du monde». (R.V./D. 78)

Q comme QUETE

Littéralement, la quête signifie l'action de chercher ! Ce mot exprime bien toute la vie du Frère : une recherche passionnée de Dieu à travers le service des autres (les jeunes en particulier) et la vie communautaire. " Inséré dans une communauté apostolique, chaque frère demeure un être unique que Dieu appelle par son nom et réserve pour une tâche que nul n'accomplira à sa place. pour répondre à cet appel, le frère cherche Dieu dans la vérité de son être et de son action, soutenu par la prière communautaire, et par celle qu'il adresse privément au Père "qui voit dans le secret"." (R.V./C. 42)

R comme REGARDANT

Tout en poursuivant ses études ou son travail, le jeune qui se sent appelé à la vocation de Frère est invité à rencontrer une communauté pour des temps d’échange, de partage et de prière. Des week-ends spécifiques ainsi que des temps de vie avec la communauté lui sont proposés. A l’issue de cette période, le jeune peut faire sa demande d’entrée au postulat auprès du Supérieur (Frère Provincial).

S comme SCOLASTICAT

Durant deux ou trois années qui suivent le noviciat, le Frère poursuit sa formation spirituelle et religieuse dans la communauté du scolasticat. Il participe principalement à un cycle d’études de théologie. Il participe à des activités pastorales et éducatives (catéchèse, mouvements,…)

T comme TEMOIGNAGE

Témoignage de Frère Olivier MIGOT lors de la rencontre des jeunes religieux et religieuses à Angers : « Avec le Christ, accueillons les temps nouveaux » Frère Olivier Personnellement, j’ai trouvé que c’était 4 jours de « bien-être », un séjour agréable de vie religieuse inter congrégations, plus qu’une session de travail ! L’efficacité de ces journées ne réside pas dans la tâche réalisée mais dans la rencontre communautaire avec le Christ et la rencontre des personnes. Nous avons beaucoup pris le temps de célébrer, de prier ensemble avec une liturgie très préparée, priante, pour chacun des offices… Tous les échanges témoignaient d’une grande confiance de la vie religieuse en l’homme, confiance reçue de Dieu qui croit en l’homme. Les réalités socio-économiques et les réalités ecclésiales sont complexes, les conflits et les guerres sont préoccupants mais nous voyons tous les acteurs de paix et d’espérance déjà en route sur le terrain. Ces journées n’étaient pas non plus déconnectées des laïcs puisque plusieurs avaient été invités comme « regards extérieurs » et ont pris la parole en fin de séjour. Maryse Cavarec et Armelle Le Roux avaient été invitées au titre de Sant’Egidio. Voici quelques mots qui ont été dits : "Y’a déjà plein de laïcs présents au monde, est-ce que votre rôle ne serait pas plutôt de nous accompagner, de nous aider à relire, à reprendre… Osez lâcher prise avec vos vieilles œuvres que vous vous sentez comme obligés de garder et goûtez à la fraîcheur des commencements, aidez les gens à célébrer, à faire la fête, à célébrer la vie dans la fête, proposez des occasions de faire la fête pour qu’ils célèbrent leur vie, comment votre extériorité transmet-elle votre union au Christ, comment votre apparence explicite transmet le visage du Christ ? De l’ordre du dévoiler et du contester à la fois. Donner couleur d’évangile à l’internationalisation." Voici aussi quelques-uns des 80 rêves concrets partagés en fin de session : * poser sur le monde d’aujourd’hui, sur chaque personne, un regard qui puisse discerner la vie et la célébrer * Etre attentif à tout ce qui nous échappe, tout ce qui nous déplace, privilégier les situations où on ne sait pas quoi faire, où on ne connaît pas l’avenir, où on ne sait qu’être avec, c’est ce qui nous rend pauvre… * La nouveauté, c’est de vivre l’aujourd’hui pleinement, là où on est, enracinés et ouverts à l’inattendu. * Faire émerger gratuitement la parole de l’autre dans la communauté.

V comme VOCATION

Pas facile de discerner l'appel du Seigneur. Que veux-tu que je fasse ? Le Régle de Vie précise : « L'aptitude pour la vie de Frère et un attrait qui a subi l'épreuve du temps sont des signes d'une invitation du Seigneur. La vocation, qui sollicite comme réponse le don total de soi par amour, se précise et se cultive avec l'aide d'autres personnes, instruments de la grâce de Dieu ».(R.V./C. 51)

W comme WHY NOT ?!

Si être frère aujourd'hui, - c'est adopter une forme radicale de vie baptismale ... - c'est devenir signe prophétique du Règne de Dieu ... - c'est s'engager à Le chercher totalement, à Le servir et à L'aimer au milieu des enfants et des jeunes en tous temps et tous lieux d'éducation ... et si ce chemin est chemin de bonheur pour toi alors POURQUOI PAS ? WHY NOT ?