Au gré des rencontres et
des événements, une interview
par e-mail...
Cinq questions pour découvrir une personne, pour accueillir
un témoignage..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


« Marie Nézet est étudiante à Brest, elle était directrice adjointe au centre de vacances du Palandrin cet été …

Là voilà en séjour éducatif et social avec l’association Virlanie aux Philippines » … Elle nous consacre un peu de temps …


Le fil rouge : Marie, c’est quoi cet engagement social et éducatif aux Philippines en quelques mots ?

Marie : Je suis venue à Virlanie, à Manille, dans le but d’apporter mon aide aux enfants des rues. « Virlanie Fondation » s’occupe des enfants des rues qu’elle héberge dans différentes maisons, en fonction de leur âge et des difficultés qu’ils ont rencontrées dans la rue ... Elle leur donne le droit à une éducation en leur permettant d’aller à l’école et de suivre des heures de tutorial avec des volontaires pour résoudre leurs problèmes scolaires, elle leur redonne de la dignité. Ce sont des enfants bafoués, maltraités ... Virlanie leur permet de se construire une identité, un avenir ...

le fil rouge : Qu’est-ce qui te frappe, te touche, voir te révolte ?

Marie : Je travaille essentiellement au RAC, le « Reception Action Center », dans lequel sont placés les enfants raflés par la police locale dans les rues ... Ces enfants ont été maltraités, humiliés lors de ces rafles, et pourtant, ils sourient toujours, ils sont toujours prêts à jouer, à rire, à partager des moments entre eux ou avec moi ... Ce qui me révolte ? Que l’on puisse les enfermer des journées entières dans une pièce de 6 m2, à plus de 40 parfois, et les faire sortir uniquement lors des repas ... Que des enfants soient séparés de leurs familles sous prétexte qu’ils traînaient dans la rue et que les parents n’ont pas les papiers nécessaires pour prouver qu’ils forment une seule famille, une vraie ... Qu’un enfant de 6 jours commence sa vie au RAC avec ses trois soeurs et sa maman, et dorme dehors ... Quel avenir ?

le fil rouge : Qu’est-ce que cette expérience bouge en toi là-bas ?

Marie : Tous les jours, je découvre des gens qui souffrent mais qui sourient, des gens qui vivant dans la rue, démunis, osent le contact, la discussion ...
J’apprends à relativiser les petits maux du quotidien, à prendre mon temps pour oser la rencontre. C’est tout de même difficile de répondre à cette question, je n’ai pas encore le recul nécessaire ... Mais je sais que je ne sortirais pas indemne de cette aventure humaine, riche en rencontres et en découvertes ...

le fil rouge : Peux-tu nous partager un petit fait de vie, une petite histoire vécue ?

Marie : Voila deux semaines que deux enfants sont au RAC. Le plus grand a à peine 2 ans, il est très vif, et adore venir sur mes genoux pour faire le cheval ... Son petit frère a presque 1an, il pleure sans cesse, dans son lit, et il m’est impossible de le calmer. Leurs parents ne sont pas là, je ne sais où ils se trouvent.

Et pourtant ce matin, la jeune femme adorable qui s’occupe d’eux depuis leur arrivée accourt dans la pièce et les emmène avec elle en haut des escaliers ... Leurs parents sont en bas ... Trépignements des enfants, sourires jusqu’aux oreilles. Nanay ! Tatay ! (Maman ! Papa ! en tagalog) ... et soudain, une « social worker » appelle les parents, les enfants retournent dans la pièce ...

Je ne peux les laisser faire ça, je les prends avec moi, nous descendons les escaliers, ils se jettent dans les bras de leurs parents, la famille est enfin réunie.  La maman pleure de joie et me remercie … La « social worker » fait la tête, mais je la regarde, insouciante que je suis, et fais semblant de ne pas être au courant des démarches habituelles ... C’est génial ! Les parents avaient apporté de la papaye, les enfants se régalent, sans quitter leurs parents ... Bonheur de la famille réunie ... Finalement, il faut toujours garder espoir !

Respiration du mois
Intermail du moment
Frat'time
Archives


 

Pour recevoir la lettre de
www.mennaisien.org ou écrire au webmaster :