Au gré
des rencontres et
des événements, une interview
par e-mail...
Cinq questions pour découvrir une
personne, pour accueillir
un témoignage... |




Médiation en "BD" !!

|
Maïder, nous parle de sa mission comme Animatrice en Pastorale au Collège Sainte-Marie de St Jean de Luz, appartenant au Réseau Mennaisien. Elle nous confie aussi son expérience avec "Génération Médiateurs" qu'elle vit au jour le jour avec les jeunes et l'équipe éducative.
le
fil rouge : Maider, peux-tu te présenter et nous parler de ce que tu vis au collège ?
Maïder : Je m’appelle Maider Landes, j’ai bientôt 34 ans et j’habite à St Jean de Luz, au Pays Basque. Depuis 5 ans, j’exerce le rôle de coordinatrice en pastorale au collège Sainte Marie. Auparavant, j’ai fait de la catéchèse bénévolement pendant 5 ans.
Dans l’établissement, je suis chargée de 4 fonctions : coordinatrice de catéchèse, enseignante de culture religieuse, permanente d’un point écoute et responsable de la médiation scolaire : 4 rôles très liés, car ils tentent de développer un « savoir-être » auprès des adolescents. Le dialogue avec eux doit faire en sorte de transmettre des valeurs humaines etchrétiennes. En ce sens, le contenu des discussions est assez profond, touchant, et permet une remise en question de tous.
De plus, la relation de confiance instaurée avec le jeune est très enrichissante. Elle est également effective au sein du groupe de réflexion, ce qui rapproche les élèves.
le
fil rouge : Vous avez mis en place ce que l’on appelle la médiation. Peux-tu nous en dire quelques mots ?
Maïder : Une des spécificités du collège Sainte Marie est la pratique de la médiation scolaire depuis 5 ans. Suite à une proposition de l’APEL (Association des Parents d’Elèves), nous avons mis en place une formation de 3 jours (15 heures), auprès des adultes dans un premier temps (direction, enseignants, parents).
L’objectif est de former le jeune et donc le citoyen de demain, à utiliser naturellement le dialogue pour gérer un conflit, et non la force. Ce projet correspond au projet pédagogique et éducatif mennaisien de l’établissement, centré sur la fraternité, l’entraide. Grâce à la formation proposée par l’association « Génération Médiateur », cette fraternité s’exprime par le dialogue.
Le contenu de ces 15 séances est essentiellement ludique. Par des jeux, des tests, des mises en situation, nous développons la connaissance de soi et de l’autre ; l’estime de soi et la verbalisation de nos émotions. Nous observons nos façons de réagir face à la violence et nous tentons d’admettre que l’autre peut avoir une opinion différente de la nôtre, sans pour autant avoir tord. Cette formation est réalisée auprès de tous les élèves de 5° et les volontaires souhaitant devenir médiateurs suivent 6 séances supplémentaires pour acquérir la technique d’une médiation. Le médiateur peut alors recevoir les élèves en situation de conflit, les faire communiquer et les aider à trouver, par eux-mêmes, une issue pacifique où les deux parties sont « gagnantes ». Ainsi, les adultes n’interviennent pas, ne posent aucune sanction et le problème est résolu.
le
fil rouge : Notes-tu des changements depuis les diverses années de fonctionnement et qu’en retirent les élèves ?
Maïder : D’après les paroles de nos médiateurs, cette expérience leur permet d’avoir beaucoup plus confiance en eux et se sentir utiles aux autres. De plus, ils développent une capacité d’écoute et de tolérance que certains mettent en pratique dans le contexte familial. Chaque année, il y a de plus en plus de médiateurs et la médiation est reconnue de tous (élèves et enseignants). Les adultes ne sont jamais très loin si les médiateurs sont en difficulté et ils encouragent cette pratique.
le
fil rouge : Vous avez été invités récemment à une émission de radio pour parler de la médiation. Comment est née cette rencontre au travers des ondes et comment cela s’est-il passé ?
Maïder : Au mois d’avril dernier, nous avons été invités sur France Bleue Pays Basque pour assurer une demi-heure de direct sur la médiation scolaire. Je m’y suis rendue avec 3 médiateurs qui ont témoigné, avec une assurance étonnante, de leur joie d’assumer ce rôle et de ce qu’ils en retiraient. Avant cette émission, nous cherchions comment communiquer à l’extérieur de l’établissement. Un de nos médiateurs, dont l’oncle est journaliste, a proposé cette idée et a permis d’établir le contact. Beau souvenir !
le
fil rouge : Qu’est-ce qui t’aide à vivre dans ce travail parfois difficile d’animatrice en pastorale ? Quelles sont tes espérances dans ce que tu vis au jour le jour ?
Maïder : Aujourd’hui, ce qui m’aide à poursuivre mon travail, c’est la joie des élèves, leur évolution et leur reconnaissance. Notre collège ne connaît pas de graves problèmes de violence. Nous voulons, avant tout, transmettre des valeurs humaines et c’est un grand bonheur de constater l’atmosphère de paix que les élèves, entre eux, tentent de maintenir au sein du collège. En les écoutant, je pense que nos efforts sont utiles. Merci aux parents qui s’impliquent beaucoup dans la formation des élèves.
Mon secret espoir est de parvenir, chaque année, à semer un message, une phrase, une question qui pourra faire avancer ou réfléchir, ...ne serait-ce qu’un jeune.
Propos recueillis par Frère Louis Le Guichet |