Douarnenez, 23 mars 1903 : les frères de "Saint-Blaise" prennent l'habit séculier. Le soir, ils se rendent à l'église du "Sacré-Coeur" pour le sermon de carême. La chaisière passe et leur tend la main ; vainement ! Elle insiste. Les récalcitrants déclinent leur identité. "Va bugale paour !" ("Mes pauvres enfants !"), s'écrie la brave femme sidérée.
Le lendemain, silencieux et consternés, les élèves ne jouent pas sur la cour. pourquoi leurs professeurs ont-ils changé de costume, ont-ils écrit au tableau noir leurs noms civils et interdit de les appeler "frères" ?
11 avril et 1er août 1903, visite du Commandant de police. Il signifie à "Monsieur Nicol" et à ses adjoints la dissolution de leur congrégation et l'obligation de déménager. Le 5 septembre, veille de la rentrée scolaire, le même personnage vient constater qu'il n'a pas été tenu compte de ses ordres.
Conscients d'être surveillés de près par la police,
les Frères adoptent un comportement de citoyens ordianires : itinéraires différents pour se rendre à l'église, salaire mensuel de 20 F, reçu pour chaque achat en ville, dispersin pendant les vacances, port de la moustache et vêtement de bonne coupe.
Ils ne parviennent pas à donner le change.
Après enquête, on les poursuit pour fausse sécularisation. Sommés de comparaître devant le tribunal de Quimper, les prévenus s'en tirent "en Normands". Mais la Justice n'a pas dit son dernier mot. Finalement, la cour d'appel de Rennes ne peut prouver le caractère fictif de la métamorphose des Congrégationistes. Le 19 décembre 1904, une ordonnace de non-lieu met fin aux poursuites des agents de Combes.