En 1839, il débarque aux Antilles, et comme les autres frères, il fait classe, pour préparer l'avenir, la fin de l'esclavage. Le soir, il réunit les adultes et les prépare à la première communion. Puis il devient catéchiste itinérant ; sur sa mule "Hirondelle", il parcourt les plantations. Sur leur lieu de travail, tantôt dans une case, tantôt sous un arbre, il réunit les esclaves ; en créole, avec les mots et les comparaisons qui leur sont familiers, il fait peu à peu découvrir leur dignité d'hommes, "fils chéris de Dieu", à ces esclaves qui se considèrent comme "la balayure de l'ïle".
Mais l'adminsitration française est bien lente à tenir ses promesses et une révolte finit par éclater. Des bandes, armées de terribles coutelas, se dirigent vers la capitale. Le gouverneur pense qu'il vaut mieux calmer les révoltés que de les attaquer. Et à ses yeux, le seul capable de sauver la situation, c'est le frère Arthur. Il lui fait donner l'ordre par son supérieur d'empêcher si possible l'effusion de sang. Le frère Arthur prie un instant, et part. Arrivé face aux insurgés, il traverse leurs rangs et monte sur une borne. Par ses paroles fortes mais affectueuses, il apaise les Noirs qui rentrent chez eux, et ainsi, la ville est sauvée d'un effroyable massacre.
Le 24 mai 1848, l'abolition de l'esclavage est sollennellment proclamé. Un cortège s'organise. Enthousiasme, délire ! Les nouveaux affranchis, "vêtus comme des Messieurs", viennent arracher le frère Arthur à son couvent pour le porter en triomphe.