| 1793
– St Malo, pendant les jours de
la « Terreur »
Dans son cahier, voici ce que Jean-Marie
note, ce soir-là.
«
Tout à l’heure, en passant
par la porte Saint-Vincent, j’ai
croisé un jeune marin. Il avait
l’air hésitant. J’étais
persuadé que c’était
un prêtre qui se cachait sous ce
déguisement de marin. J’en
étais sûr ! Je l’ai
abordé :
- Vous êtes prêtre, n’est-ce
pas ? Venez chez nous ; mon père
vous attend !
Discrètement, il m’a suivi
jusqu’à la maison. Tout en
haut de la maison, dans une mansarde,
il a célébré la messe.
Gagné ! C’est super…Jamais,
jusqu’ici, je ne me suis trompé.
Les prêtres, je sais les reconnaître
du premier coup d’œil !
Avec Amélie, ma voisine, nous avons
imaginé un code : quand tout est
calme dans la rue, elle
met un foulard blanc à
sa fenêtre ; s’il
y a danger, elle met un foulard rouge.
Ainsi, lorsque je rentre avec un prêtre
pour le cacher, je sais si je peux rentrer
ou passer mon chemin. » |